Édito

La vocation de ce site est de montrer à voir, dans le détail, à la loupe, les pratiques actuelles, autocratiques et illégales, qui ne devraient plus, normalement, avoir droit de cité au XXIe siècle.

16 JANVIER 2026 | PAR JOHN MARCUS

Je m’appelle John Marcus et je suis le créateur et animateur de ce site.

Contrairement à ce que laisserait penser ce pseudonyme d’auteur, une de mes activités, je suis bien originaire de La Palme, ce petit village occitan du sud de la France, blotti tout au bord de ses salins, dans le golfe du Lion, dans son écrin d’une nature exceptionnellement préservée, baigné de lumière, embaumé par sa garrigue odorante, bercé par tous les vents d’Éole et les soubresauts des eaux de la Méditerranée.

Selon l’expression consacrée, je suis « monté » à la capitale à l’âge de 9 ans. Cet exode rural était alors nécessaire, parfois obligatoire, pour les fonctionnaires désirant faire progresser leur carrière. Ma mère était alors professeure à Port-la-Nouvelle après avoir commencé en qualité d’institutrice de classe unique à Caves ; mon père, d’abord saunier comme beaucoup d’enfants du village, était devenu alors agent de paix.

Pour moi, cette émigration fut un véritable et douloureux arrachement.

Avant de partir, installé à l’arrière de l’automobile, je me rappelle m’être tourné, les yeux mouillés, une dernière fois, vers mes grands-parents, place des Poutous la bien nommée. Ils étaient tous les deux debout, à côté du puits et de l’âne, en habits du dimanche.

Ma grand-mère, pétrie de cette humilité des gens vrais, arborait un sourire de soleil comme un encouragement pour surmonter l’épreuve à venir ; mon grand-père, plus stoïque, le béret bien enfoncé sur son crâne glabre, entre ses oreilles du bonheur scrupuleusement lustrées, sa vieille pipe coincée à la commissure des lèvres, m’offrait en cadeau l’éclat facétieux de ses yeux magnifiques, comme invitation silencieuse à savoir développer mes capacités de résilience.

J’adressai enfin, aussi, un dernier signe de la main à mon grand ami l’âne, celui qui, notamment, tirait la charrette de mes grands-parents sur le chemin caillouteux menant aux vignes du Colombier, carriole où l’on m’avait installé entre des comportes de bois pour ma première vendange, après m’avoir tendu un morceau de pain dur bien frotté à l’ail. Une plante dont je fais une consommation presque excessive depuis lors. Mais en ce jour du grand exil, je n’avais eu besoin ni d’ail ni d’oignons sauvages pour faire couler des flots de larmes.

55 ans plus tard, comme beaucoup d’immigrés, après une première vie riche en expériences humaines et professionnelles, je m’apprête enfin à revenir au païs. En vérité, vos racines ne vous oublient jamais ; elles peuvent patienter un long moment, le temps d’une croissance juvénile ou durant celui de la maturité, mais, un jour, elle vous rappelle inexorablement à elles.

Aussi loin que vous pouvez vous trouver, elles vous tirent alors, vous ramènent petit à petit, inlassablement, centimètre après centimètre, au pied de votre terre natale. Ce retour à la source, parfois mystique, s’impose finalement à vous ; il devient même, un jour, une véritable nécessité physiologique. Pourquoi ? Mystère ! Afin de finir sa vie, sans doute, sur SA terre. Et, peut-être, finir par y mourir. Pour la nourrir, justement, cette terre native ; lui permettre de se régénérer une fois encore, de pouvoir accoucher d’autres enfants du pays.

C’est ainsi, sans doute, que se mêlent la mémoire des morts et celle des vivants.

Grange à Soultage 1987 © John Marcus
Une grange de notre païs, à la fin des années 1980 © John Marcus 1987

Ce site n’est pas dédié pour le moment, malheureusement, ni à la poésie ni à la philosophie. 

Mais bien à la politique. À la politique locale, beaucoup moins noble que nous le souhaiterions, nous allons le constater. 

La vocation de site est de montrer à voir, dans le détail, à la loupe, grâce à des exemples détaillés, les pratiques actuelles, autocratiques qui ne devraient plus, normalement, avoir droit de cité au XXIsiècle. En République française, pour le moins.

Cet espace n’est certainement pas un lieu pour régler des comptes même si, personnellement, j’ai fait les frais de ces incroyables pratiques. C’est un espace d’information citoyenne et, en vérité, d’ethnosociologie politique.

Peu avant le décès de mon père, en 2020, depuis que je prépare mon retour au pays, j’ai été confronté à des attitudes et des prises de décisions tout à fait surprenantes de la part des pouvoirs politiques locaux et de certains de leurs agents. Au point que, à force de répétition, on en vient à se demander subitement si ces comportements, assurément fautifs dans une démocratie, souvent dictés par de mauvais instincts, sans aucune réflexion déontologique préalable, ne relèvent pas d’une sorte d’habitus — au sens sociologique comme défini par Pierre Bourdieu —, un habitus vicié de l’action publique. 

En revenant au village, j’ai redécouvert le monde de Balzac et du XIXe siècle.

Celui que j’avais quitté en 1973 et qui me semblait ne plus exister à notre époque.

Non seulement des notables commettaient des fautes impardonnables, mais pire, au lieu de se repentir, ils s’obstinaient à nuire à certains de leurs administrés, mûs par une sorte de folie capricieuse, voire dans le cadre d’une véritable vendetta organisée. Sans évaluer non plus, pour le moins, les conséquences de leur obstination coupable pour la collectivité qu’ils étaient censés protéger.

Car nous parlons bien ici, au-delà de la « simple » violation de règles de droit, d’une absence totale de responsabilité et d’éthique, d’actes de déloyauté, de vilenie, d’une véritable volonté de nuisance : bref de ce que l’être humain peut produire de plus vil et de plus répréhensible.

En me renseignant plus avant, je me suis aperçu que ce traitement de faveur ne m’était pas du tout réservé en ma seule qualité d’estranger putatif, mais touchait tous ceux qui n’avaient pas juré fidélité et allégeance absolue à la monarchie locale ; le traitement des administrés obéissait ainsi à des règles non écrites relevant, parfois, pour plaire à leurs maîtres, du bon vouloir de simples agents administratifs se rêvant en éminences grises ; d’autres fois, ledit sort de l’administré dépendait de décisions spasmodiques prises par une chefferie constituée en seigneurie, laquelle considérait leurs concitoyens comme des serfs corvéables et les biens privés de ces derniers comme objets potentiels de rapine. 

Ce site tentera grâce à des dossiers documentés et des faits incontestables d’analyser la faillite démocratique d’un village.

Le premier article inaugural, titré « L’affaire de la Corbière Haute», est emblématique de ces pratiques nauséabondes, car on va y retrouver tous les ingrédients d’un bon roman policier mais d’une bien mauvaise tragédie grecque, des éléments qui devraient conduire normalement les responsables de ces actions répréhensibles au bannissement de leur propre cité. Ou, pour le moins, à notre époque, devant la justice pénale.

J’espére que ces articles documentés, publiés sur un rythme hebdomadaire, apporteront une contribution décisive au débat public. Pour l’avenir de la démocratie locale, de notre collectivité et le bien-être exclusif de sa population.

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